L’Or Vert d’Avallon : L’Ail des Ours
Hier, sur les sentiers escarpés des environs d’Avallon, l’effort était sportif. Dans ces moments où le corps s'engage, les sens s'aiguisent. C’est d’abord une odeur qui m’a arrêté. Une effluve ailée, presque sauvage, percutante. Au début, j’ai cru à une hallucination olfactive, le genre de mirage que la faim et la fatigue dessinent dans l’esprit du marcheur.
Puis, à mes pieds, le tapis s’est révélé. Une mer verte, dense, vibrante : l’ail des ours.
Une plante de caractère
L'ail des ours (Allium ursinum) est la première signature du printemps. Contrairement à l'ail cultivé, il possède une élégance herbacée, une fraîcheur de sous-bois qui s'évanouit dès qu'on le brusque. Pour un Maître Distillateur, c'est une matière délicate : il faut capturer son essence sans en trahir la finesse.
Le goût du lien
En froissant une feuille entre mes doigts, j’ai immédiatement pensé à mon pote Thomas (Les Fromages de Thomas). Je revoyais nos projets passés, un fromage de chèvre mariné au Gin nommé "Billy Gin" mais aussi ses récentes publications sur ses fromages à l'ail des ours. C'est un trait d’union. Il rappelle que le goût n'est jamais isolé ; il est le fruit d'une rencontre entre un producteur, un artisan et une terre.
Demain se dessine
Cette balade n’était pas qu’une parenthèse sportive. Elle a réveillé des idées, des envies de transmutations futures.
Comment capturer cette puissance verte dans un Élixir cristallin ? Comment stabiliser ce sillage sauvage qui surprendrait le palais ? Le chemin vers de nouveaux projets Chrysopeia passe par ces découvertes fortuites, là où la nature décide de se montrer.
Le terroir ne se décrète pas, il se parcourt.
